Sur les traces des derniers névés du massif du Hohneck
L'ALSACE le 19/07/2013 Clément Tonnot
Le cirque de Wormspel avec à gauche le sommet du Hohneck. Sur le flanc droit du cirque, le dernier névé du secteur a fondu le 16 juillet.
Voilà deux hivers que le Nid d’hirondelle, le plus tardif des névés du secteur, est victime d’avalanches au printemps. Les arbres couchés et « épluchés », ainsi que les blocs arrachés en témoignent.
Photos Armelle Bohn
Pour le premier volet de nos randonnées estivales, direction les Vosges et le bien nommé sentier des névés, où s’accrochent les dernières neiges entre le Hohneck et le Kastelberg.
Autant l’avouer tout de suite : les névés du massif du Hohneck ont déjà disparu. On les a ratés de peu : les derniers mètres carrés de neige, localisés sur les flancs du cirque de Wormspel, ont fondu mardi entre 10 h et 20 h. La webcam de l’hôtel du sommet du Hohneck peut en témoigner. À quelques encablures de là sur le versant nord-est du Kastelberg, le névé du Schwalbennest («nid d’hirondelle »), d’habitude le plus tardif, a tiré sa révérence depuis longtemps.
« La semaine passée, il restait de belles plaques de neige dans plusieurs couloirs d’avalanches, mais le soleil a donné depuis », regrette Pierre-Marie David, notre guide du jour, observateur neige-avalanche indépendant (lire son portrait). En temps normal, le sentier des névés, entre le Hohneck et le Kastelberg, porte pourtant bien son nom. « La particularité du massif du Hohneck, c’est qu’il y fait toujours plus froid en hiver et qu’il y a plus de neige, car les vents d’ouest dominants apportent des précipitations et accumulent la neige des hautes chaumes sur les corniches du versant alsacien » , explique le spécialiste.
Tant pis pour les blancs lambeaux. Car la randonnée proposée par Pierre-Marie David est un modèle de balade familiale : trois petites heures de marche et très peu de dénivelé dans des chaumes parsemées de gentianes, d’arnica et d’orchidées sauvages. Au programme aussi, un horizon dégagé sur les couloirs, les lacs du secteur et quelques prestigieux voisins comme la dentelle rocheuse des Spitzkoepfe. Sans oublier pas mal de rencontres impromptues : chamois, vosgiennes, chevaux comtois…
Si la neige ne nous a pas attendus, son ombre plane sur toute la balade qui se transforme en jeu de piste sur la trace des « glaciers temporaires, comme on désignait les névés au XIXe siècle ». Pierre-Marie David propose une relecture passionnante du paysage. Dans le couloir du Rhodiola ou au fond du Nid d’hirondelle par exemple, il détecte les nombreuses « cicatrices » laissées par les avalanches : « Quand les arbres sont tous couchés dans le sens de la pente et sont littéralement épluchés, c’est un signe qui ne trompe pas. »
Le microclimat du secteur favorise aussi le développement d’une flore très particulière, « typique des écosystèmes subalpins » : la fameuse rhodiola, mais aussi le baudremoine ou « fenouil des Alpes », le lis martagon…
Avant d’emprunter notre itinéraire cependant, deux précautions s’imposent : se munir d’un fond de sac adéquat et surtout bien regarder la météo : « Il ne faut pas venir sur les crêtes par temps orageux et à l’automne, le brouillard peut venir très vite », précise Pierre-Marie David. Parole d’observateur météo.
Accès : au col de la Schlucht, prendre la route des Crêtes en direction du Hohneck. Départ du parking de la Fontaine Duchesse, environ un kilomètre après le Pied du Hohneck (altitude 1256 m).
Durée : 2 h 30 – 3 h. Carte : IGN OT 3618.
Du parking, prendre le chemin qui monte en direction de la crête. On arrive sur le sentier de grande randonnée (rectangle rouge-blanc-rouge) que l’on emprunte vers la gauche en direction du Hohneck.
Au col de Wormspel, prendre à droite le sentier des névés (croix jaune) en direction du Kastelberg. C’est en contrebas, dans le cirque de Wormspel, que la dernière neige a fondu le 16 juillet. On peut voir des cicatrices d’avalanche dans le couloir du Rhodiola, du nom d’une rare plante alpine
En suivant le balisage croix jaune, belle vue sur l’arête des Spitzkoepfe et la vallée glaciaire de la Wormsa. On croise beaucoup de plantes montagnardes le long du sentier. On arrive en vue du cirque du Nid d’hirondelle avec ses traces d’avalanches.
Au croisement des sentiers, suivre toujours vers la droite le sentier des névés.
Au croisement suivant, prendre à droite le grand chemin de la ferme du Kastelberg qui remonte vers le col.
Au col, reprendre à droite le balisage rouge-blanc-rouge en direction du Hohneck jusqu’au premier carrefour, puis redescendre à gauche vers le parking de la Fontaine Duchesse.